Données de géographie humaine et physique
Le Burkina Faso est situé au coeur de l'Afrique occidentale. Pays
sahélien enclavé, il a une superficie de 274.200 km² et partage ses
frontières avec la Côte d'Ivoire au sud-ouest, le Ghana et le Togo au sud,
le Bénin au sud-est, le Mali au nord-ouest et le Niger à l'est et au
nord-est. Il s'étend sur 625 km du nord au sud et sur 850 km de l'est à
l'ouest. Le Burkina Faso qui fait partie d'une zone définie appelée le
Sahel (en arabe : le rivage) constituée de steppes et de savanes,
autrefois connues sous l'appellation générique de Soudan (en arabe : Pays
des noirs). Cette vaste région, située entre 18° et 12° de latitude nord,
s'étend de l'Atlantique à la Mer Rouge. Le Burkina Faso est partie
prenante de cette région " pré-désertique ", mais est néanmoins irrigué
par trois rivières la
Volta Noire, la
Volta Blanche et la
Volta rouge. Elles tirent leur nom du premier visiteur, un
Portugais, qui baptisa le fleuve rencontré " Volta " (littéralement " la
rivière du retour "), dans l'espoir qu'il pourrait retourner vers sa mère
patrie, ayant pensé qu'il s'agissait d'une contrée d'anthropophages. Ces
trois rivières prennent donc leur source sur le plateau burkinabè, dénommé
" Haute Volta " par l'administration coloniale française, lors du
découpage du " Haut Sénégal - Niger ". La dénomination actuelle du pays,
le " Burkina Faso " remonte à 1984. Le régime révolutionnaire du Président
Thomas Sankara choisit un nom tiré des trois principales langues locales.
Le Faso est la " maison paternelle ", en langue
dioula et, par
extension, la République. Burkina signifie " intègre ", en langue
mooré. Le nom des habitants du Burkina Faso est forgé à partir du
suffixe
fulfuldé - bé pour donner le substantif et l'adjectif
Burkinabé, invariable au féminin et au pluriel.

La capitale, Ouagadougou, est située sur le plateau central. Agglomération d'environ un
million d'habitants, Ouagadougou comporte peu d'habitations à étages. Les
bâtiments modernes du centre ville autour du grand marché sont pour la
plupart d'époque récente. La ville est parcourue par d'innombrables
mobylettes, qui assurent un transport plus souple que les autobus, mais
qui sont la source d'une pollution importante résultant d'un excédent
d'huile dans le mélange des moteurs deux temps. La croissance rapide de la
population, dans une région défavorisée par la nature, pose de graves
problèmes d'alimentation électrique (pas d'interconnexion avec les pays de
la Côte devenus récemment producteurs de pétrole et de gaz) et
d'alimentation en eau potable (la construction de nouveaux barrages et de
réseaux d'adduction d'eau est de plus en plus coûteuse).
L'enclavement du pays est l'un des principaux obstacles au
développement économique. Le Burkina ne dispose d'aucuns débouchés sur la
mer et y communique par l'intermédiaire des pays voisins côtiers. Malgré
les désavantages induits par cette situation géographique, le Burkina Faso
est un carrefour d'échanges de la sous-région, notamment dans les
relations entre les pays sahéliens enclavés (Niger et Mali) et les pays
côtiers. Du fait de sa position géographique et de la faiblesse de ses
revenus (300 $US par habitant en 1995), le Burkina Faso joue un rôle
particulier dans les économies de l'Afrique de l'Ouest où il est considéré
comme un " réservoir de main d'oeuvre ".
L'heure de Ouagadougou
est en permanence celle de GMT. Il y a donc avec la France un décalage
d'une heure en plus, en hiver, et de deux heures en été.
Données climatologiques
Le Burkina Faso est un pays
sahélien dont le nord et le centre sont recouverts de steppes épineuses et
le sud de savane. Cette végétation est le reflet d'une pluviométrie qui
est plus importante au sud qu'au nord. Le climat de type soudano-sahélien
est caractérisé par une longue saison sèche et une saison des pluies, dite
encore " hivernage ". La saison sèche est caractérisée par les vents secs
d'Harmattan, qui soufflent du nord-est au sud-ouest. Elle s'étend
d'octobre à mars, tandis que le mois d'avril constitue un mois charnière,
caractérisé par les plus fortes chaleurs et par l'arrivée des vents
humides ... Alizés chargés de mousson. La saison des pluies est évidemment
caractérisée par des vents humides et court, de mai-juin à septembre ; les
plus fortes chutes de pluies remplissent le mois d'août. Le mois d'octobre
est l'autre mois charnière qui voit souffler les premiers vents secs
d'Harmattan. Pour indication, la température moyenne ne descend jamais
en-dessous de 24°C à Ouagadougou. Les précipitations pluviales sont
faibles, de l'ordre de 250 à 500 mm en moyenne dans l'extrême nord du
pays, de 500 à 1000 mm dans le centre et l'est et de 1000 à 1300mm dans la
région du sud-ouest. Depuis une dizaine d'années, dans le nord, le centre
et l'est, les pluies régulières ont tendance à commencer plus tardivement
(juin/juillet) et à s'arrêter plus tôt.
Le climat est caractérisé
par des températures élevées et une pluviométrie de plus en plus faible du
Sud vers le Nord et d'Ouest en Est. La durée d'ensoleillement est
considérable et ne diminue vraiment que pendant la saison des pluies ou
durant les vents de sable de la saison sèche. Du point de vue climatique,
on qualifie de zone sahélienne celle qui reçoit entre 150 et 750
millimètres de précipitations par an, mais avec une extrême variabilité au
cours de l'année.
Cette situation défavorable est accentuée par le
fait que la majeure partie du territoire est constituée d'un plateau
latéritique d'une altitude moyenne de trois à quatre cents mètres. Les
sols, en majorité peu fertiles, sont fragilisés par l'érosion éolienne et
le ruissellement intense. Les deux tiers des terres sont impropres à
l'agriculture. Il n'existe plus de forêts notables et la végétation de
savane boisée subit de fortes dégradations.
Ces différents
phénomènes naturels conjugués posent de sérieuses contraintes au
développement du pays et ont un impact direct sur la productivité des
secteurs de l'agriculture et de l'élevage. Ceux-ci sont en effet fortement
dépendants de la pluviométrie, de la qualité des sols et des techniques et
pratiques culturales.
Données d'économie sociale
Une grande partie de la population vit à l'intérieur du pays et se
nourrit de la culture du mil et du sorgho, cultivés pendant la courte
saison des pluies et gardés ensuite dans des greniers villageois pour le
restant de l'année. Le prix de ces céréales, relativement bas à la fin de
la récolte, monte durant la saison sèche ; les agences de développement
tentent d'enrayer ce mouvement en intervenant sur le marché et en
apprenant aux paysans à gérer des greniers collectifs. La production de
céréales a été excédentaire, en 1998 et en 1999, dans la moitié des
provinces du sud/ouest, mais reste structurellement déficitaire dans
l'autre moitié du pays. Les excédents sont disséminés dans les villages
et, de ce fait, non commercialisables. Les bonnes récoltes des dernières
années ont néanmoins contribué à maintenir le taux de croissance du
produit intérieur brut à un niveau supérieur à celui de la croissance
démographique de 3%. La population urbaine de Ouagadougou ne cesse de
croître à la suite de l'exode rural, alors que le nombre d'emplois ne
s'élève pas dans les mêmes proportions. Malgré le sens de la
débrouillardise d'une population courageuse, cette situation risque de
devenir difficile à gérer au fil des années et d'empêcher l'évolution
politique vers une démocratie apaisée.
Au plan économique, on peut
souligner quelques contraintes : une faiblesse du secteur privé (fournit
seulement 10% des emplois), un coût élevé des facteurs de production
(énergie, coût des matières premières, transport, ...), une rigidité du
marché du travail, une absence d'un système de crédit incitatif et adapté
au secteur informel et à la diversité du tissu des micro-entreprises, un
poids des traditions et coutumes qui pèse sur le rythme de changement des
comportements, des problèmes d'accès à la terre, des problèmes de
disponibilité et de gestion de l'eau, une dégradation de l'environnement
(désertification), une fluctuation à la baisse des recettes
d'exportations, une dépendance vis-à-vis des ressources extérieures.
... Et quelques potentialités : une disponibilité en terres cultivables (pour un potentiel déjà peu étendu de 13 040 000 ha, seulement
3 500 000 ha de terres sont effectivement cultivés), un cheptel
numériquement important, une diversité des systèmes d'élevage liée à la
variabilité des conditions éco-climatiques, l'existence de moeurs et de
coutumes favorisant la cohésion sociale, un niveau élevé de l'entraide et
de la solidarité constituant un atout pour le développement communautaire,
une tradition de développement participatif, une diversité culturelle et
linguistique.
Données sociolinguistiquesLe
français, bien qu'il ait été importé, s'impose désormais comme la langue "
nationalement véhiculaire " du Burkina Faso. Cependant, la revendication
de l'usage du français passe par la défense des droits de toutes les
autres langues, par la défense des vertus du multilinguisme. Il ne
faudrait pas que l'introduction des langues nationales, par réaction au
français/langue de large communication, se traduise par un enfermement des
ruraux dans leur ruralité, des locuteurs de langues minoritaires, en
dehors des langues de grande communication.
Le Burkina Faso est, à
l'instar de beaucoup d'autres pays africains, un pays multiethnique et
multilingue, véritable " damier linguistique ". Le statut et les fonctions
assignés aux diverses langues, ainsi que les rapports de force qui les
caractérisent, permettent de distinguer, d'une part, les " langues
nationales " et, d'autre part, la "langue officielle ", en l'occurrence,
le français.
Si l'on observe le nombre de locuteurs, on constate
que la langue française est peu représentée au Burkina Faso. En effet, le
nombre approximatif de francophones, à défaut de recensement, se calcule à
partir du nombre de scolarisés; ainsi, pour 40% d'alphabétisés, 75% de
lettrés, ce qui représentent 20% de la population, le sont en français. Le
Ministère de l'Education de base et d'alphabétisation annonce de fait le
chiffre de 9% de francophones au Burkina Faso.
Les trois langues
majoritaires, dites " langues nationales ", sont le mooré, qui couvre tout
le centre, une partie du nord et une partie de l'est du pays; le dioula
recouvre tout l'ouest jusqu'aux frontières de la Côte d'Ivoire et du Mali
et le fulfulde, qui recouvre l'extrême nord du pays. En ce qui concerne
l'ensemble du paysage linguistique burkinabè, on dénombre une soixantaine
de langues de démographie et d'aire géographiques inégales.
Pour
nuancer cette impression de multilinguisme généralisé, il conviendrait de
distinguer la zone rurale et la zone urbaine. En ce qui concerne la zone
rurale, le taux d'analphabétisme atteint encore des proportions si
importantes pour permettre une présence du français et les contacts entre
communautés sont si peu fréquents que le monolinguisme reste ce qui
caractérise le paysage sociolinguistique en zone rurale. Par ailleurs, la
ville, pôle hétérogène, permet la rencontre des composantes ethniques et
favorise le multilinguisme. Ce multilinguisme n'est pas un problème dans
la vie quotidienne, où l'oralité domine, mais les difficultés surgissent
dès lors que l'on veut instaurer des programmes de formation et de
communication par l'écrit, au niveau national.
Ceci pour montrer
que la situation du français en Afrique d'une façon générale, et au
Burkina en particulier, est étonnante. Langue officielle sans être la
langue première de ses locuteurs, le français ne peut cependant pas être
considéré comme une langue " étrangère " pour les personnes qui
l'utilisent.
Ainsi, les systèmes éducatifs modernes sont centrés
sur l'apprentissage de la langue officielle, d'une langue originellement "
étrangère ", le français, alors que le système éducatif traditionnel se
fondait sur l'acquisition progressive de la langue ou des langues
parlée(s) dans le milieu. Dans ce contexte, il n'y avait aucune contrainte
mais simplement des nécessités d'adaptation au " marché linguistique ".
Actuellement, les deux systèmes coexistent.
Le Burkina Faso regroupe une soixantaine d'ethnies, le pays rassemble des populations très diverses, d'origine néo-soudanienne comme les Bobo, les Mossi, les Gourmantché et les Songhaï, peuples venus de la haute vallée du Niger comme les Marka, les Samo et les Bissa, groupes sahéliens comme les Peul et les Bella. Les Mossi (48 %), de langue mooré, sont les plus nombreux. Les autres ethnies principales sont les Mandé (6,7 %) les Peul (10,4 %), les Lobi (7 %), les Bobo (6,8 %), les Sénoufo (5,3 %), les Gurunsi (5,1 %), les Gourmantché (4,8 %), les Touareg (3,3 %). Les ethnies non citées représentent 2,6 % de la population.



Les royaumes mossiLe territoire du
Burkina Faso actuel a été parcouru par de nombreuses migrations. à partir
du XI
e ou au XII
e siècle, les premiers
royaumes mossi se sont constitués: le Gourma, le Mamprousi, le Dagomba, le
Yatenga et le royaume de Ouagadougou. Ce dernier devint rapidement le plus
influent. Il était dirigé par le mogho naba, à la fois roi et magicien.
Aux XIII
e et au XIV
e siècles, ces royaumes
s'opposèrent aux grands empires de la boucle du Niger (Mali et Songhay)
dont ils n'hésitaient pas à attaquer et razzier les marges, quand ils ne
s'enfonçaient pas plus profondément. La puissance de leurs armées permit
aux royaumes mossi de préserver l'essentiel de leur indépendance. Mais, à
la fin du XV
e siècle, l'Empire songhay établit sa
suprématie sur la boucle du Niger, mettant fin aux chevauchées des Mossi.
Jaloux de leur pouvoir, les rois mossi s'opposèrent toujours à
une unification du pays mossi. Mais ces royaumes présentaient une
remarquable cohésion sociale et religieuse et une stabilité politique
exceptionnelle: ils se maintinrent jusqu'à la conquête française, à la fin
du XIX
e siècle.
Les Mossi participèrent peu au
commerce transsaharien: les grands flux d'échanges contournaient la
région. Aussi l'islam ne s'implanta-t-il pas. Les Mossi furent donc
beaucoup moins touchés que leurs voisins par la traite des esclaves. à la
veille de la colonisation française, le centre du territoire était
contrôlé par la confédération des royaumes mossi regroupant trois
ensembles politiques, le Yatenga, le Wogodogo et le Tenkudogo. à l'est
avait été édifié le royaume de Gurma, et l'ouest, dominé par les
souverains dioula de Kong au XVIII
e siècle, était disputé
entre plusieurs royaumes.
La pénétration colonialeAprès la conférence de Berlin (1884-1885), les Français cherchèrent à prendre les
Britanniques de vitesse afin d'établir leur domination sur la boucle du
Niger pour relier leurs colonies d'Afrique occidentale, centrale et
septentrionale en un territoire d'un seul tenant. Le pays mossi se
trouvait sur leur chemin. Les Français et les Britanniques lancèrent
plusieurs expéditions. Le mogho naba accueillit le Français Binger en 1888
mais, méfiant, éconduisit les Français Crozat (1890) puis Monteil (1891)
et le Britannique Fergusson (1894). Face aux pressions britannique et
allemande, les Français accélérèrent leur course: sur ordre du gouverneur
du Soudan (le Mali actuel), une colonne française commandée par le
capitaine Destenave se rendit à Ouahigouya en 1895 et signa un traité de
protectorat avec le Yatenga. En 1896, l'armée française prit Ouagadougou.
L'ensemble du pays était occupé en 1897. Il fut d'abord intégré
au Haut-Sénégal-Niger, avant d'être institué en colonie indépendante sous
le nom de Haute-Volta en 1919, avec Ouagadougou pour chef-lieu, et
intégrée à l'ensemble fédéral de l'A-OF. Mais, en 1932, la colonie fut
partagée entre le Niger, le Soudan (Mali) et la Côte d'Ivoire. Durant
toute la colonisation, la résistance se poursuivit. Le mogho naba demeura
dans l'opposition. Les recrutements militaires et le prélèvement de
l'impôt suscitèrent de violentes révoltes (notamment l'insurrection de
Dédougou en 1915). Les Français s'occupèrent peu de la " mise en valeur "
de la Haute-Volta. Les premières expériences de culture du coton
s'avérèrent décevantes et provoquèrent une grave pénurie alimentaire. Une
ligne de chemin de fer relia néanmoins Bobo-Dioulasso à Abidjan en 1934.
Mais la colonie servit essentiellement de réservoir de main-d'oeuvre pour
les grandes plantations ivoiriennes et on la soumit à un dur recrutement
militaire durant les deux guerres mondiales.
La marche vers l'indépendanceLa loi du 4 septembre 1947 reconstitua la colonie de la Haute-Volta. C'est dans ce cadre que le mouvement nationaliste prit son essor. Il s'appuyait
sur les souverains déchus toujours actifs mais aussi sur les anciens
combattants, sur les élites modernes et sur des hommes nouveaux comme
Ouezzin Coulibaly et Maurice Yaméogo.
Ceux-ci fondèrent le Parti
démocratique unifié (plus tard l'UDV, Union démocratique voltaïque),
représentant voltaïque du RDA (Rassemblement démocratique africain). Le
RDA joua un rôle important dans la lutte pour l'évolution du statut
colonial. En 1956, la loi-cadre instaura le suffrage universel dans les
colonies françaises d'Afrique noire et accorda à la Haute-Volta, comme aux
autres colonies, une plus grande autonomie administrative. En 1958, la
nouvelle Constitution française, qui accordait l'autonomie complète, fut
approuvée par 99,1 % des votants en Haute-Volta: le projet reçut
l'appui du RDA mais un nouveau parti, le Mouvement africain de libération
nationale, dirigé par l'historien Joseph Ki-Zerbo, fit, sans succès,
campagne pour l'indépendance immédiate. De fait, la Haute-Volta accéda à
l'indépendance le 5 août 1960. Maurice Yaméogo, chef du gouvernement
après le décès de Ouezzin Coulibaly, devint le premier président de la
République.
De la Haute-Volta au Burkina
FasoRapidement, le régime évolua vers l'autoritarisme.
Maurice Yaméogo interdit les partis politiques. Les difficultés
économiques du pays et le gaspillage au sommet de l'état le rendirent
impopulaire. La vie politique de la Haute-Volta a été marquée par
plusieurs coups d'état militaires. Le premier, en 1966, porta le
lieutenant-colonel Sangoulé Lamizana à la tête de l'état pour une durée de
14 ans. Lamizana mit en oeuvre un programme d'austérité économique
mais, malgré plusieurs Constitutions et la restauration du régime
parlementaire, le pouvoir resta entre les mains de l'armée. En 1980,
Lamizana fut renversé par le colonel Saye Zerbo, lui-même démis par le
commandant Jean-Baptiste Ouedraogo en 1982.
En 1983, le
capitaine Thomas Sankara et un groupe de jeunes officiers prirent le
pouvoir. Une nouvelle ère commença pour la Haute-Volta qui, le 4 août
1984, adopta le nom de Burkina Faso (littéralement: "pays des hommes
intègres"). Mus par un projet politique de transformation radicale de la
société, en rupture totale avec l'héritage colonial, et visant la
construction rapide d'une société plus juste et plus égalitaire, ces
officiers entreprirent de lutter contre le gaspillage et la corruption, et
de confier le pouvoir aux classes populaires. à la fin de 1985, un conflit
frontalier opposa le Mali et le Burkina Faso: la Cour internationale de
justice de La Haye régla le litige en proposant le partage de la bande
d'Agacher entre les deux pays. Le caractère souvent brutal des procédures
mises en oeuvre par l'intermédiaire des CR (Comités révolutionnaires), les
résistances auxquelles se heurta la Révolution et les discordes qui
surgirent entre dirigeants aboutirent, 15 octobre 1987, à un
coup d'état au cours duquel le président Thomas Sankara fut assassiné.
Blaise Compaoré, le numéro deux du régime, prit alors le pouvoir, et, avec
pragmatisme, engagea le pays dans l'ouverture politique. Il institua un
Front populaire chargé de procéder à la " rectification de la
révolution ". Dans les années 1990, son parti renonça au
marxisme-léninisme et restaura le multipartisme (Constitution de la
IV
e République en 1991). Blaise Compaoré refusa la tenue
d'une Conférence nationale mais invita l'opposition à un Forum de
réconciliation nationale en 1992. Les élections de 1992 le confirmèrent à
la tête de l'état, et son parti, le Congrès pour la démocratie et le
progrès, remporta nettement les élections législatives de mai 1997.
En 1998, le processus de démocratisation des institutions peut être
considéré comme accompli et les dirigeants, qui tiennent le pays bien en
main, peuvent se consacrer à la conduite du programme d'ajustement
structurel et à l'amélioration du niveau de vie (320 dollars/h.
en 1995).
La nouvelle Constitution, adoptée par référendum
le 2 juin 1991, a mis en place une république de type
présidentiel, fondée sur le multipartisme et la séparation des pouvoirs.
Le président est élu au suffrage universel pour sept ans; l'Assemblée
nationale comprend deux chambres : l'Assemblée du peuple, composée de 107
députés, élus pour quatre ans; et la Chambre consultative, qui comprend
des représentants des organisations sociales, religieuses,
professionnelles et politiques.




Culture
Le Burkina Faso accorde une place privilégiée au
développement des initiatives culturelles. Par voie de conséquence,
un soutien est accordé aux marchés culturels, à l'activité théâtrale,
musicale et cinématographique, mais également au réseau de la lecture
publique.
ArtsLes masques funéraires des
Kurumba sont portés lors des funérailles des notables. On distingue trois
types de masques: ceux dont le visage est surmonté de cornes reposant sur
une planchette ou un animal sculpté, les masques avec une figure féminine
sculptée qui se détache de la planchette, les hauts des masques dont la
partie visage disparaît. Le commerce d'art européen s'intéresse à l'art
lobi: sièges à trois pieds décorés d'une ou deux têtes humaines, grandes
statues féminines, statues-poteaux. Les masques ronds des Bwaba, aux yeux
en cercles concentriques, au bec crochu de calao, sont surmontés d'une
planche ajourée, terminée par un croissant de lune. Les Bobo utilisent des
fibres et des feuilles pour fabriquer des masques, de styles très divers,
qui représentent le plus souvent des animaux et sont agrémentés d'une
polychromie géométrique.
LittératureLe premier écrivain
burkinabé fut Dim Delobson, un fonctionnaire colonial d'origine princière,
auteur de deux essais (
l'Empire du Mogho-Naba, 1933, et
les
Secrets des sorciers noirs, 1934). La première oeuvre littéraire, la
chronique historique de Nazi Boni,
Crépuscule des temps anciens, a
été publiée en 1962, mais l'absence d'éditeurs burkinabés réduit la
diffusion des romans: étienne Sawadogo (
la Défaite du Yargha,
1977), Kolin Noago, Augustin Sondé Coulibaly (
les Dieux
délinquants, 1974). La production poétique est abondante: Frédéric
Pacéré Titinga, le plus célèbre (
Refrains sous le Sahel, 1976;
Affiche, 1992), Jacques Prosper Bazié (
Orphelins des collines
ancestrales, 1983), Bernadette Dao (
Parturition, 1986;
Quote-part, 1992). Dans les années 1980, trois romanciers émergent:
Pierre-Claver Ilboudo (
le Fils aîné, 1982;
Adama, 1987),
Patrick G. Ilboudo (
le Procès du muet, 1987;
le Héraut têtu,
1992), qui meurt en 1994 à 43 ans, et Ansomwin Ignace Hien (
l'Enfer au
paradis, 1988). La création théâtrale est dominée par Prosper Kompaoré
et Jean-Pierre Guingané (
le Fou, 1986;
le Cri de l'espoir,
1991). Dans les sciences humaines, mentionnons Joseph Ki-Zerbo, auteur
d'une monumentale
Histoire de l'Afrique noire (1971).
CinémaLe Burkina Faso est
l'organisateur du Festival panafricain du cinéma de Ouagadougou (Fespaco),
la manifestation phare du cinéma africain. Le premier s'est tenu en 1969;
depuis, il a lieu au mois de février des années paires. Il se double,
depuis 1983, du Marché international du cinéma et de la télévision (MICA).
En 1995, la première cinémathèque du continent a ouvert ses portes à
Ouagadougou. Ces initiatives sont le reflet d'une cinématographie
dynamique. Le jeune cinéma burkinabé compte en effet plus de cent films.
Idrissa Ouedraogo, un des plus grands cinéastes africains, a notamment
réalisé
Yaaba (1989),
Tilaï (1990),
Samba Traoré
(1992),
le Cri du coeur (1994).
MusiqueLa musique traditionelle mandingue du
Burkina Faso est à l'honneur depuis 1978, date où la formation de Mahama
Konaté, "Farafina", a été créée dans Bolomakoté, un quartier effervescent de
Bobo-Dioulasso. Les membres du groupe
SARAMAYA sont tous des " enfants " de Mahama Konaté et perpétuent à leur tour la tradition.
Moins fidèle à la tradition, à laquelle Farafina et
SARAMAYA restent
attachés, Gabin Dabiré, musicien globe-trotter, établi en Italie où il
anime un Centre de promotion et de diffusion de la culture africaine, mêle
musique indienne, chant grégorien et mélodie mandingue. Son frère Paul
Victor joue de la guitare dans certains titres de l'album "Kantômé",
publié en 1990.



Préparation d'un séjour au Burkina Faso
Vaccination
En plus des vaccins obligatoires en France, tenez compte de
cette liste des vaccins obligatoires ou vivement recommandés au Burkina
Faso.
Il est vivement recommandé de faire une visite chez votre médecin qui saura vous conseiller ainsi chez votre dentiste.