Après quelques mots d'introduction de Bernard Bonin, le noir s'est fait dans la salle pour permettre la projection d'un petit film court, monté avec des archives sonores, vidéos et photographiques sélectionnées par Christian Tran, réalisateur bien connu en Ardèche pour ses films sur le retrait des services publics en milieu rural. Passé ce moment qui a mouillé certains regards, Mme Sigrid Dondoux, très émue elle aussi, a confié que si elle était bien l'épouse du premier président du Sivu, elle était bien consciente que l'Ardèche était sa maîtresse.
Témoignage qui débute à la fin des années 60 lorsqu'il était élève de Jacques Dondoux. Alors professeur à l'école nationale supérieure des télécommunications (ENST), celui-ci vient de créer un département "RME" pour "recherche en mécanisation électronique", autrement dit l'informatique, pressentant déjà que les technologies des télécommunications allaient changer la vie des gens en profondeur. J-J Damlamian souligne à travers de nombreux exemples l'excellence de "coach" de son ex-patron, ses qualités de négociateur, qui s'aiguisent en 1968 dans les négociations avec les syndicats, son franc-parler, son non-conformisme et ses énormes capacités de travail, d'écoute et de décision : "il ne cachait jamais sa façon de penser et n'hésitait pas à l'exprimer, à qui que ce soit, syndicaliste, cadre ou ministre. Je garde le souvenir d'un patron compétent, efficace et plein d'humanité, même dans les moments les plus difficiles." Tous, ou presque, les élus du conseil général de l'Ardèche étaient là, mais ce sont les plus proches de Jacques Dondoux, Denis Lacombe, Jean-Claude Tournayre et Maurice Weiss qui se sont succédés au micro pour lui rendre hommage. Tous ont rappelé son côté provocateur, son esprit visionnaire, ses qualités d'homme d'entreprise et les nombreuses activités industrielles qu'il a réussi à attirer en Ardèche. Et si Denis Lacombe insistait sur l'humanité de l'homme, qu'il a souvent accompagné dans ses campagnes électorales, Jean Claude Tournayre supputait que Jacques Dondoux aurait immanquablement tourné en dérision cette petite cérémonie d'hommage, qui pourtant n'était qu'une "façon de perpétuer sa présence parmi nous".
Maurice Weiss, qui a succédé à Jacques Dondoux comme conseiller général de Saint-Agrève, qui fut son premier adjoint à la mairie pendant 6 ans, et l'administrateur du Sivu des inforoutes de l'Ardèche dès sa fondation en 1995, a côtoyé le personnage de très près et pendant longtemps. Il a rappelé sa préoccupation pour le sort des plus modestes, qu'il appelait "les petitous", sa façon de s'exprimer avec des mots simples pour qualifier de grands projets "on va équiper tous les petits ardéchois d'ordinateurs et les connecter à Internet". Ses réponses aux sceptiques : "je suis éternel" pour leur signifier sa résolution à aller au bout de ses projets. Son réalisme aussi « j’avais l’habitude de compter en milliards de francs, au département je suis passé aux millions et ici ce sera en centaines de milliers. » disait-il en préparant le budget communal. Et sa passion pour le sujet religieux, qu'il abordait avec humour : « le dieu du Chiniac* est avec nous » disait-il en cas de succès d'une opération, ou encore « que le dieu du Chiniac vous protège » lorsqu'il vous quittait. Maurice Weiss l'interprétait comme une façon laïque de déïfier ce territoire au-delà des multiples communautés religieuses et préserver ainsi l’unité qu’il s’était toujours efforcé de construire.
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